Chronique en podcast du roman "La Discrétion" de Faïza Guène, par La Page Sensible

Dans ce cinquième épisode de La Page Sensible, je vous parle du roman « La Discrétion », le dernier en date de l’autrice Faïza Guène, sorti en 2020. Il raconte l’histoire de Yamina, une petite dame algérienne ayant fui la guerre dans les années 1950, tout en dressant le portrait de ses enfants qui grandissent en banlieue parisienne. Un roman polyphonique qui mélange générations et points de vue dans une véritable ode à l’empathie. Côté écriture, je vous raconte mon combat sanglant contre l’auto-sabotage, qui est souvent le premier frein que je rencontre dans l’écriture de mes romans !

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« La Discrétion », sixième roman de Faïza Guène depuis son premier, publié à seulement 19 ans !

J’ai découvert le dernier roman de Faïza Guène, « La Discrétion », parce que mon Papa me l’a prêté. Je ne connaissais pas du tout cette autrice française d’origine algérienne, qui avait publié son premier roman et énorme succès en 2004, « Kiffe kiffe demain », à seulement 19 ans.

À ma mère

À toutes nos mères

Dédicace de Faïza Guène au début de son roman « La Discrétion », où elle dépeint avec une tendresse infinie le portrait de Yamina, 70 ans.

Dans son dernier livre paru chez Plon en 2020, Faïza Guène nous raconte la vie de Yamina. Cette petite dame algérienne de 70 ans, vivant dans un HLM en banlieue parisienne, est l’image même de la « discrétion ». Une dame toute douce, qui ne fait pas de vagues, et qui pourtant a vécu une vie mouvementée depuis sa naissance au bord du désert algérien en 1948. Forcée de fuir la guerre, elle suivra une longue épopée à travers le Maroc, puis la France, pour finalement refaire sa vie à Aubervilliers.

L’histoire d’un héritage de honte et de colère qui ne se dit pas

Yamina est née dans un cri.
Alors pourquoi choisir de mener une existence silencieuse ?

Incipit de « La Discrétion » de Faïza Guène, paru chez Plon en 2020.

« La Discrétion » est un roman polyphonique où se mêlent six points de vue différents : celui de Yamina, de son mari et de ses quatre enfants, Malika, Hannah, Imane et Omar. À chaque chapitre, Faïza Guène nous emmène d’une intériorité à une autre et nous fait voyager à travers les continents et les époques, de l’Algérie des années 1950 à la banlieue parisienne de nos jours. De cette façon, elle nous montre que chacun et chacune vit l’histoire familiale d’une manière différente. En confrontant tous ces points du vue, elle dépeint la diversité des expériences humaines face à un même héritage, sans jamais juger ses personnages, dans une véritable ode à l’empathie.

Pourquoi je vous recommande de lire « La Discrétion »

  • Pour le personnage de Yamina si attachant, décrit avec une tendresse infinie où on devine l’amour de l’autrice pour sa mère ;
  • Parce que, malgré cette fresque familiale marquée par l’exil et par la guerre, ce roman reste un récit lumineux, où chaque personnage apprend à gérer à sa façon la colère héritée ;
  • Pour le dépaysement temporel (l’histoire démarre en 1948) et géographique (du désert maghrébin à Aubervilliers) ;
  • Parce que j’aime beaucoup le style moderne de Faïza Guène, subtilement enrichi d’argot et de langage oral ;
  • Parce que la chronologie alternée, entre le présent en France et le passé de Yamina depuis la petite enfance, fonctionne si bien qu’il m’a inspiré la chronologie du roman que je suis en train d’écrire !

Côté écriture : et si j’arrêtais de m’auto-saboter ?

Dans la deuxième partie du podcast, je vous raconte en quoi j’ai parfois l’impression de scier moi-même la branche sur laquelle je suis assise en sabotant toutes mes tentatives d’écriture, tant la perspective d’être lue m’effraie. Pour y remédier, j’ai exploré les solutions suivantes :

  • Écrire mes ressentis dans un carnet pour tenter de comprendre ce qui me bloque vraiment et de quoi j’ai peur, au fond (souvent des choses presque comiques une fois que je les regarde en face, comme : « si j’écris un roman, quelqu’un risque de le lire, non ? ») ;
  • Écouter des podcasts d’auteurs et autrices pour récolter leurs bons conseils et me rebooster le moral (pour moi, ça marche à tous les coups !) ;
  • Organiser des « cafés créa » avec trois copines qui poursuivent leurs propres projets créatifs. Tous les quinze jours depuis septembre, nous nous retrouvons toutes les quatre dans un café pour nous coacher mutuellement sur nos projets, et ce soutien moral m’est infiniment précieux !

Et vous, chères âmes sensibles, vous êtes-vous déjà plongées dans un roman de Faïza Guène ? Lequel me recommanderiez-vous ? Et quand je vous parle d’auto-sabotage, est-ce que c’est un concept qui vous parle ? Si vous avez des astuces à me donner, je prends avec plaisir, comme toujours ^^

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Christophe
Christophe
5 mois

Excellent podcast non saboté

Philippa
Philippa
5 mois

Ta description du livre, et surtout ta réflexion sur l’humanité m’a fait penser à ‘La vie devant soi’ de Romain Gary. Je crois que c’est une classique pour les français mais je l’ai découvert que l’année dernière. Après, l’extrait me fais croire que c’est un livre très different .. je vais encore être obligé de l’acheter pour savoir! D’ailleurs merci pour ‘The Reader’ j’ai adoré !