Mes romans préférés de l'écrivain Bernard Clavel

Dans ce dixième épisode de La Page Sensible, je vous parle de Bernard Clavel, l’un de mes écrivains préférés. Malgré sa quarantaine de romans, il reste très méconnu de ma génération et je souhaite redonner ses lettres de noblesses à sa plume sensible, perspicace et ultra-réaliste. Côté écriture, je vous raconte la dernière ligne droite de mon actuel manuscrit de roman, que j’essaye de terminer ce mois-ci grâce à la communauté du « Camp Nanowrimo ». J’ai déjà pris pas mal de retard sur mes objectifs, mais j’ai quelques tours dans mon sac pour y remédier !

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Bernard Clavel : une quarantaine de romans déjà oubliés ?

Bernard Clavel a écrit une quarantaine de romans entre 1956 et 2004, après avoir exercé une foule de métiers qui ont participé à la richesse et à la précision de sa plume. En son temps, il a aussi été journaliste et essayiste, et il a atteint une certaine notoriété puisqu’il a reçu le prix Goncourt en 1968 pour « Les Fruits de l’Hiver ». Pourtant, quand j’en parle à mes copines du club de lecture, aucune ne le connaît ! Voilà un mal que je compte bien redresser avec mes petits bras vaillants.

J’ai longtemps cru que Bernard Clavel n’appartenait qu’à ma famille

Pour moi, vous parler de Bernard Clavel dans mon podcast est un acte presque intime, car j’associe étroitement ses livres aux membres de ma famille. D’abord à mon père, à qui j’ai piqué presque tous les romans que j’ai lus de lui, mais aussi à mon petit Papy, qui adorait cet auteur. J’ai toujours vu ses livres traîner dans les recoins des bibliothèques familiales, tout comme ceux de Daniel Pennac, un autre tonton littéraire à moi.

Je n’ai découvert que très récemment que Bernard Clavel avait reçu un prix Goncourt (pour un roman que je n’ai toujours pas lu, preuve de mon indécrottable esprit de contradiction). En voyant son nom sur la page Wikipédia des prix Goncourt, j’ai eu l’impression d’apercevoir un nom intime, comme d’un oncle ou d’un cousin. Comme si Bernard Clavel ne pouvait appartenir qu’à ma famille, et à personne d’autre.

Au-delà de « Malataverne » : des romans tirés de la vraie vie

La seule autre fois où j’ai rencontré le nom de Bernard Clavel hors de mon cercle intime, c’était au collège, où M. Bignon nous a fait étudier un de ses romans jeunesse : « Malataverne ». Qualifié de « roman du terroir », voire de conte philosophique, « Malataverne » m’a bien plu… Mais il n’a pas su réveiller en moi des émotions aussi fortes que les deux livres plus « adultes » que je veux vous présenter aujourd’hui. On y retrouve tout ce que j’aime chez Bernard Clavel :

  • Un voyage dans le temps grâce à son sens du détail et l’hyper-réalisme des scènes ;
  • Des personnages si vrais qu’on pense qu’ils n’ont pu qu’exister ;
  • Des dialogues piquants et qui sonnent juste ;
  • Le regard perspicace de ce pacifiste sur les classes sociales, le travail et la condition humaine ;
  • L’expérience riche d’une vie faite de mille métiers, qui ont grandement inspiré les récits de cet autodidacte de la vie.

Mes deux romans préférés de Bernard Clavel

« L’Hercule sur la Place »

Ce petit livre sorti en 1966 compte tout simplement parmi mes romans préférés du monde entier. Je l’ai lu au moins quatre fois, je ne m’en lasse pas ! Inspiré d’un forain que Bernard Clavel a rencontré pendant son adolescence, il raconte l’histoire de Pierre, adolescent orphelin, et de sa rencontre avec une équipe de lutteurs qui parcourent les places de France en roulotte. Ils vont emmener Pierre avec eux, lui apprendre la confiance, l’amour et le travail. Un récit d’apprentissage où s’entrechoquent amitié, instinct de survie, rires et larmes, le tout bercé par les lumières vintage de la fête foraine.

En bref, « L’Hercule sur la Place » c’est une vibe à mi-chemin entre :

  • Les premières chansons de Renaud ;
  • Les romans de Johr Irving ;
  • Les dialogues de « Zazie dans le Métro ».

« La Maison des Autres » (tome 1 de la saga « La Grande Patience »)

Encore un roman d’apprentissage, car on ne se refait pas 😉 Ce livre, paru en 1962, est en fait le premier tome d’une saga de quatre romans que Bernard Clavel a appelée « La Grande Patience ». C’est d’ailleurs le quatrième tome de cette tétralogie, « Les Fruits de l’Hiver », qui a reçu le prix Goncourt en 1968. Toute cette saga est une forme d’autofiction, où Bernard Clavel raconte plus ou moins l’historie de sa jeunesse, entre 1937 et 1945.

Moi, c’est pour le premier tome que j’ai eu un énorme coup de cœur : dans « La Maison des Autres », qui se déroule entre 1937 et 1939, Bernard Clavel nous raconte sa sortie de l’enfance à travers un apprentissage de deux ans chez un pâtissier au caractère détestable. Son alter ego, le petit Julien, arrive dans cette maison étrangère à l’âge de 14 ans, et il y découvre la dure vie de « second apprenti » : se lever bien avant l’aube pour la corvée de charbon, essuyer les coups et les humiliations, mais surtout écouter les conseils des collègues et ne jamais céder au découragement. Sous nos yeux, Julien grandit, apprend, gagne en résilience et en force, jusqu’à pouvoir tenir tête à son terrible patron.

« La Maison des Autres » est un roman inspirant, poignant, mais surtout une plongée ultra-détaillée dans une pâtisserie des années 1930, qui m’a donné l’impression de faire un vrai voyage dans le temps.

Côté écriture : dernière ligne droite pour mon premier jet

Avril est le mois du « Camp Nanowrimo », un défi d’écriture international. Ça tombe bien, car j’aimerais enfin terminer le premier jet de mon actuel manuscrit ! En effet, il ne me reste que quelques scènes à écrire pour terminer mon récit, et j’en vois vraiment le bout. À présent que j’entre dans la dernière phase de l’histoire, les scènes me viennent plus facilement et, par conséquent, j’arrive à écrire plus vite. J’ai donc décidé d’arrêter d’écrire à la main et de repasser à l’ordinateur, car j’écris environ 50 % plus vite au clavier !

Malgré tout, l’issue de ce mois d’avril est encore incertaine… Le problème, ce n’est pas quand j’écris, car là, ça va vite. Le problème, c’est quand je n’écris pas. Ces derniers temps, je me suis souvent sentie débordée par toutes mes autres activités, et j’ai beaucoup de mal à dégager du temps pour mon manuscrit. Mais je suis actuellement en vacances pour une semaine, et j’espère bien en profiter pour avancer sur ce sprint final. Croisons les doigts pour que, dans le prochain épisode, je vous dise que j’ai terminé ce premier jet 😉

Est-ce que vous aviez déjà entendu parler de Bernard Clavel et, si oui, ailleurs qu’à l’école ? J’espère sincèrement que je vous ai donné envie de (re)découvrir cet auteur, mon tonton de cœur. Parce que, personnellement, j’ai toujours autant de bonheur à lire et relire ses romans !

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[…] le dernier épisode, consacré à Bernard Clavel, je vous annonçais que je m’offrais une semaine de vacances en solo à Barcelone, dans […]

Hildegard
Hildegard
6 mois

Une insomnie que je passe à rattraper les 3 derniers épisodes de tes podcasts et je me suis régalée avec celui-ci.
Je me souviens très bien de ce livre dans la bibliothèque familiale . Je trouvais le titre formidable et la couverture très intriguante. Papy m’avait expliqué qu’on appelait un  »hercule  »un personnage de foire qui faisait des démonstrations de force en soulevant des haltères, en brisant des chaines qui l’enserraient etc…
Tu as très bien choisi et analysé l’extrait que tu as lu.J’ai très envie de le lire du coup !