Chronique de "Réparer les vivants", roman de l'écrivaine Maylis de Kerangal.

Dans ce 21e épisode de La Page Sensible, je vous parle de « Réparer les vivants », le roman de Maylis de Kerangal qui navigue entre la vie et la mort, l’océan et l’hôpital, la pureté du style et les phrases de douze lignes. Un roman court, hyper marquant, au style merveilleux, bref un de ces livres qui me donnent envie d’en écrire, comme par contagion ! Ensuite, côté écriture, je vous explique la grande décision que j’ai prise quant à la réécriture de mon premier manuscrit, qui a eu deux ans ce 31 décembre. Il y sera question de la joie du renoncement…

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Avec « Réparer les vivants », j’ai découvert la plume de Maylis de Kerangal

Il s’agit du 1er roman de Maylis de Kerangal que je lis, bien que ça ne soit ni son premier, ni son dernier livre. « Réparer les vivants » est d’abord paru aux éditions Verticales, puis a été repris par Gallimard en 2014. C’est un vrai bestseller, qui a été adapté en film et que je connaissais de nom, et j’ai fini par le lire parce que mon amie Alice me l’a prêté. Aussitôt, j’ai été emportée par le style unique de l’écrivaine, comme par une vague. « Réparer les vivants » est un de ces romans qui me donnent envie d’écrire : l’ampleur de cette plume me donne un élan irrésistible.

Résumé du roman

C’est l’histoire d’un cœur : celui de Simon, 19 ans, un ado fou de surf qui vit au bord de l’océan. Dès le début du roman, Simon a un grave accident de voiture et se retrouve en état de mort cérébrale. Commence alors une course contre la montre, totalement à contre-temps de la temporalité du deuil : si ses parents le veulent bien, le cœur de Simon pourra continuer de battre tout en sauvant une vie. Le souffle court, on suit pendant 24h les deux parents de Simon, mais aussi Cordelia, la nouvelle infirmière du service, Révol le médecin-chef, Thomas Rémige le coordinateur de don d’organes et même Claire, 51 ans, dont la vie est suspendue depuis des années à une potentielle greffe du cœur.

Pourquoi « Réparer les vivants » est un de mes coups de cœur

Coup de cœur, c’est le cas de le dire ! Voilà ce qui m’a séduite dans ce roman :

  • La beauté absolue de la langue déployée par Maylis de Kerangal, et notamment la poésie qui contraste avec les images laides de la mort et de l’hôpital ;
  • Un équilibre stylistique étonnant entre des phrases très longues (qui m’ont rappelé ce que j’aime chez Zola) et une efficacité de l’écriture, avec par exemple des personnages brossés en quelques traits ;
  • L’unité de temps (l’histoire se déroule sur 24h) et de lieu (une ville, et surtout son hôpital) ;
  • Le traitement de l’ambiguïté, que ce soit dans le style ou dans l’histoire : c’est à la fois beau et laid, triste et plein d’espoir, une bonne nouvelle pour une famille et une mauvaise pour l’autre ;
  • La vraisemblance, presque documentaire, qui a dû demander à l’autrice un important travail de recherche : la précision des détails médicaux, l’univers de l’hôpital et ses différents métiers, les circonstances d’une greffe de cœur ;
  • Les différents personnages qu’on suit : réalistes, ambigus, contrastés.

Côté écriture : la joie du renoncement, pour mieux avancer

Pour ma part, j’ai changé mon fusil d’épaule au moment de terminer l’année 2022. Je voulais encore faire subir de nombreuses modifications à mon manuscrit avant de l’envoyer à des maisons d’édition. Mais, quand j’ai réalisé que je le retravaillais déjà depuis deux ans, j’ai décidé qu’il était temps d’arrêter. Je me suis donc donné une deadline très claire : je devais terminer ma V4 avant le 31 décembre à minuit !

Cette date-limite m’a vraiment motivée pour terminer cette étape de réécriture. Et surtout, elle m’a aidée à faire le tri entre les changements indispensables et ceux qui relevaient du coupage de cheveux en quatre… Finalement, c’était une série de petits renoncements, dont chacun me soulageait d’un poids et m’apportait une joie inattendue. La joie d’avancer, la joie de lâcher, et surtout la joie d’accepter que c’est seulement un manuscrit et que j’enverrai forcément une version imparfaite. Quelle libération !

Je vous donne donc RDV à la prochaine étape, prévue pour ce mois de janvier : relire tout le manuscrit de bout en bout pour vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs et que le style « coule » bien. Ensuite, viendra l’étape ultime : rédiger un synopsis et une lettre d’accompagnement pour l’envoyer à des maisons d’édition. J’ai hâte d’en arriver à cette concrétisation de tant d’efforts 🙂

« Réparer les vivants » est, à ce jour, le seul roman de Maylis de Kerangal que j’ai lu. Est-ce que vous en avez lu d’autres ? Si oui, lesquels me recommandez-vous ? Faites-moi vos recommandations en commentaire ! Pour ma part, je viens d’acheter « Tangente vers l’Est », qui se passe à bord du Transsibérien (un argument de taille pour me séduire…).

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Christophe
Christophe
23 jours

Super épisode avec des extraits bien agréables à entendre .
Belle voix de rockeuse
Ce serait oui aussi une super idée de lire à voix haute de longs passages de ce premier roman!
Bravo

Hildegard
Hildegard
18 jours
Répondre à  Marion

J’ai hâte de les entendre ❤

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[…] enfin terminé la troisième grosse réécriture de mon premier roman, dont je vous parlais dans le dernier épisode. Joie, joie, joie ! Je m’étais donné la deadline du 31 décembre et ça a très bien […]