Chronique en podcast sur le roman "Evidemment Martha" de Meg Mason, un livre qui parle de santé mentale avec mélancolie et humour.

Dans ce 20e épisode de podcast, je vous parle du roman anglais « Évidemment Martha », de l’autrice Meg Mason. Un récit atypique qui traite de santé mentale avec justesse, mélancolie et humour, tout en racontant une histoire d’amour à l’envers, en commençant… par le divorce ! Côté écriture, je vous raconte la suite de ma « convalescence de page blanche », avec la réécriture de mon premier manuscrit qui s’éternise. Et surtout, la question à 1000 sesterces : quand est-ce que je lâche le bébé pour l’envoyer aux maisons d’édition que j’ai repérées ?

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Comment « Évidemment Martha » a croisé ma route

Tout a commencé par un coup de cœur pour le magnifique titre original du roman, « Sorrow & Bliss », qu’on pourrait traduire par « chagrin et joie ». L’image sur la couverture anglaise, une femme qui se masque les yeux d’un bras, m’a aussitôt évoqué des thématiques qui me sont chères (qui n’a pas envie d’un bon roman sur la souffrance psychique ??). Le 4e de couverture m’a aussi rappelé l’univers d’une autre autrice anglaise, Anna Hope, à qui j’ai consacré un épisode de ce podcast. Mais c’est certainement la citation élogieuse de l’autrice Elizabeth Day, toujours sur cette même couverture, qui m’a convaincue. Je suis archi-fan de son podcast « How To Fail » (« comment échouer ») et je suis prête à suivre toute recommandation qu’elle me fera de son bel accent britannique.

Bref, bien que j’aie une pile à lire plus haute que moi, j’ai acheté « Évidemment Martha » sans hésiter (mais la version anglaise, vous l’aurez compris). Je l’ai fait passer sans scrupules avant tous ses petits copains dans la file d’attente de mes lectures, et je ne l’ai pas regretté. Si vous êtes tenté·es de faire de même, je précise que « Évidemment Martha » est bien sorti en français, et même très récemment puisqu’il a été publié en mai 2022 aux éditions Le Cherche-Midi, avec une traduction d’Anne Le Bot.

De quoi parle ce roman de Meg Mason ?

Synopsis : Martha, Londonienne issue d’une famille bohème et un peu déjantée, souffre depuis ses 17 ans d’un mal psychique mystérieux. Elle raconte que, le premier jour de ses examens de Terminale, « une petite bombe a explosé dans son cerveau ». Depuis, elle lutte contre des épisodes de dépression intense, tout en portant sur sa vie rocambolesque un regard plein d’humour. Quand le roman démarre, Martha vient de divorcer de son grand amour et elle remonte le temps jusqu’à leur rencontre, pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé, à la fois dans son couple et dans sa propre tête. Cela donne un roman poignant, mais plein de lumière et de pointes d’humour délicieusement British.

Pourquoi j’ai aimé « Évidemment Martha »

« Évidemment Martha » m’a marquée par sa modernité et sa justesse dans la façon d’aborder la souffrance psychique, mais pas seulement. J’ai aussi apprécié :

  • L’histoire d’amour inhabituelle au centre du livre, racontée à rebours, en commençant par le divorce ;
  • La chronologie déstructurée qui en résulte, ce qui crée un effet de suspense (car seulement des bribes de la fin nous sont révélées au début) et m’a intéressée car j’essaye de faire quelque chose de similaire dans mon deuxième manuscrit ;
  • L’économie de moyens et les ellipses narratives que Meg Mason utilise pour donner plus de puissance à certaines scènes-clés de l’intrigue (par exemple, en se contentant d’un très court paragraphe pour décrire un évènement majeur, ce qui m’a fait l’effet d’une bombe à la lecture) ;
  • Sur le thème de la santé mentale, le fait que l’écrivaine parvient à décrire la souffrance psychique avec une impressionnante véracité. Par exemple, les crises de panique sont très convaincantes, tout comme les questions que se pose la narratrice : « Pourquoi suis-je comme ça alors que ma situation est si privilégiée ? Pourquoi la vie est-elle plus douloureuse pour moi que pour les autres ? Comment pourrais-je donner la vie alors que le simple fait de vivre m’est une souffrance insupportable ? »
  • Les relations familiales, également au cœur du livre, qui sont décrites avec subtilité et vraisemblance : la relation tumultueuse avec sa mère, touchante avec son père, fusionnelle et explosive avec sa sœur… Et la lassitude des proches, parfois, face à un mal non-diagnostiqué qu’ils ne comprennent pas.

Côté écriture : une V4 qui s’éternise

Dans la 2e partie de cet épisode, je vous raconte que, une fois passée la grosse fatigue de mon récent déménagement, j’ai pu reprendre doucement la 3e réécriture de mon manuscrit. Ainsi, j’ai commencé par retravailler les deux derniers chapitres, qui avaient besoin d’être étoffés pour bien refermer toutes les portes ouvertes par le récit.

Dans les semaines à venir, j’aimerais encore apporter quelques modifications de fond à ce manuscrit :

  • Raccourcir les cinq premiers chapitres, car l’intrigue démarre un peu trop lentement (mais mon Dieu que c’est dur de couper ! Que ce soit émotionnellement ou techniquement, ça me demande beaucoup plus de travail de retirer des scènes que d’en ajouter) ;
  • Retravailler les intrigues et personnages secondaires, pour mieux les relier à l’intrigue principale et surtout donner plus de vraisemblance à certains personnages, qui risquent de tomber dans la caricature ;
  • Et surtout, décider quand je m’arrête. C’est-à-dire, quand est-ce que j’accepte que je ne serai jamais 100 % satisfaite de mon manuscrit et qu’il faudra que je l’envoie quand même aux maisons d’édition avec lesquelles j’aimerais travailler.

Et le NaNoWriMo dans tout ça ?

C’est vrai, on est en novembre et c’est le mois de ce défi d’écriture international… Mais, pour la première fois en trois ans, je n’essaye pas d’écrire 50 000 mots en trente jours. Je suis beaucoup trop fatiguée, et surtout j’ai bien plus intérêt à avancer dans ma réécriture en cours. En revanche, je prends beaucoup de plaisir à faire de l’écriture automatique dans mon carnet intime. J’ai aussi suivi des ateliers d’écriture et de courts exercices d’écriture créative, comme celui de l’écrivaine japonaise Ryôko Sekiguchi (que j’ai mentionné à la fin du podcast).

Est-ce que vous aussi, vous aimez les romans qui traitent de santé mentale ? Balancez vos titres préférés en commentaire pour alimenter ma pile à lire 😉

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Christophe
Christophe
2 mois

Coucou
Oooh déjà terminé l’écoute de ce podcast…
Je me regalais bien comme d’habitude et je m’étais lancé dans du découpage comme quand l’auteur dessinait pour écouter ses profs à l’école .
C’était bien
En plus on entend que ce premier roman sera bientôt soumis à la lecture des gens de la ville et qu’il t’échapper ( un peu) enfin
Exciting